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Compte rendu de la SILVER STATE 508

25 septembre 2016

La « SILVER STATE 508 » est une course « ultra » de 820km sous forme d’un aller et retour entre
RÉNO et EURÊKA dans l’état du NEVADA, l’altitude variant entre un minima à 1200m et un maxima à 2300m pour un dénivelé global atteignant environ 7000m.
Elle a remplacé l’ancienne « FURNACE CREEK 508 », en CALIFORNIE qui a disparu faute des autorisations administratives de traverser la DEATH VALLEY ( une des régions les plus chaudes du globe qui se situe sous le niveau de la mer).

C’est ainsi que je me suis retrouvé le samedi 17 septembre à 5h du matin devant l’hôtel
ATLANTIS à RÉNO pour prendre le départ de cette épreuve en compagnie d’une trentaine de concurrents solos, tous américains ou canadiens ( un départ par équipe en relais de 2 ou de 4 a lieu 2 heures plus tard ).
Une des particularités de cette épreuve est que l’on n’a pas de numéro mais qu’on est identifié par un totem inspiré d’un animal (Golden Retriver en ce qui me concerne) qui est placardé sur les voitures suiveuses obligatoires.

Dés le début la route monte et passe de 1400m à 2100m au Geiger Summit au bout de 28km tout le monde prend son rythme et chacun vit sa vie puisque rouler en peloton est formellement proscrit dans ce type d’épreuve.image5

Je me sens bien, monte bien en rythme et me retrouve dans les 3 premiers en haut, place que je garderai approximativement toute l’épreuve (au mieux 2ème , au pire 4ème, place qui sera la mienne à l’arrivée).
Après une descente ultra rapide qu’il faudra négocier au retour dans l’autre sens après 800km, suit une partie très roulante où la position « triathléte » est indispensable- la vitesse variant entre 40 et 50km/h et ceci jusqu’au 1er col le « CAROLL SUMMIT » 2200m qui débute vers le 200éme km et dure une vingtaine de kms; je le monte en souplesse et avec facilité pour basculer en haut en directions de la TS3 d’AUSTIN où se situe le plus dur de l’aller avec 3 cols qui s’enchaînent en une cinquantaine de kms; les pourcentages sont plus sérieux et il faut remonter les dents (34/23 ou 34/25)
Dans le final de l’aller, je me retrouve avec un conccurent : JAN KRAMER , 39 ans dans une partie de « à toi, à moi »! Un coup il est devant moi, un coup il est derrière – ça durera presque jusqu’à EURÊKA qui marque la fin du « match aller’ 410km et aussi l’entrée dans la nuit.
Rapide arrêt d’une dizaine de minutes à EURÊKA pour mettre les vêtements de nuit (jambières, veste) – installer les lumières et s’alimenter.
Le bilan est plus que satisfaisant pour cette première partie : très bonnes sensations, 3ème place,
410km et environ 3700m de dénivelé positif, bouclé en 14h45′ soit une moyenne d’environ 27,8km.

A partir de là et jusqu’à la fin de la nuit (7p.m) la voiture suiveuse doit passer du mode « leapfrog »
(devant/derrière et ravitaillement à pied) au mode « direct follow » ( c’est à dire qu’elle me suit en permanence et que je suis éclairé par ses phares).
C’est là aussi que débute les soucis ;
l’équation « FATIGUES DE L’ALLER + NUIT + FROID INTENSE » ralentissant considérablement la vitesse de progression.
Je remonte tout ce que j’ai descendu mais sans aucun repaire visuel, tout est plus difficile! Le froid s’intensifie et je m’arrête plusieurs fois quelques minutes pour me réchauffer et augmenter les épaisseurs de vêtements (je finirai la nuit avec 5 épaisseurs sur le dos dont la veste polaire en plus de Marc, l’un de mes suiveurs). Plus aucun concurrent n’est visible ni devant, ni derrière; les positions sont bien campées et resteront inchangées jusqu’à l’arrivée
La progression dans les cols est laborieuse et je n’ai qu’une hâte c’est de voir le soleil se lever pour réchauffer une musculature complètement tétanisée par le froid!

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Au petit matin, je reprends un rythme « honorable » sauf que tout ce que j’avais trouvé très roulant à l’aller se transforme au retour en longs faux plats montants terriblement usants sur des « bouts droits » de 10 ou 20km!
La mi journée du dimanche arrivant la température monte brusquement et les 5 à 6° de 5h du matin se transforment en une canicule approchant les 40° avec du vent de face brûlant.
A y réfléchir, je crois que le choc thermique est la principale difficulté de cette course, mettant les organismes à rude épreuve.
La remontée à 40km de l’arrivée de « SIX MILES CANYON », une dizaine de kms de « coups de cul » violents avec un final de 3km entre 10et 20% s’avère extrémement périlleuse et je finis les 500 derniers mètres en zigzaguant sur toute la route avec mon 34/29! Mais derrière quel bonheur de finir pratiquement en roue libre avec la longue et facile descente du « GEIGER SUMMIT » pour me retrouver sous l’arche d’arrivée à RÉNO.

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En 35h18mn avec la 4ème place (les 3 premiers ayant respectivement 32, 38 et 30 ans!) et la joie d’avoir droit à une petite « Marseillaise » distillée par les organisateurs.

 

Le bilan est globalement positif dans l’optique d’une RAAM qui se profile en juin 2017
Cette épreuve m’a permis de revoir les fondamentaux d’une course « ULTRA » et de me rappeler (chose que je savais déjà) que « la roche tarpeienne est proche du Capitole!  »
Préparation et humilité étant indispensable pour tout candidat à ces épreuves de longues distances
Merci à Pia et Marc qui m’ont fidèlement assisté pendant ces 35h.

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Rendez vous en juin 2017 pour un tout autre défi entre Pacifique et Atlantique.

Hervé.

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